💻 Assistance, dépannage Informatique, Val de Reuil, Les Damps, le Vaudreuil, Louviers et ses alentours
TechInfo s'occupe des problèmes informatiques, de la conception de sites internet et d'applications ainsi que de la formation sur Val de Reuil, le Vaudreuil, Lery Pose, Louviers et ses alentours. Arrêtez de jeter, faites réparer !
TousAntiCovid a été dès le départ très décrié et ce n’est pas le dernier rapport de la CNIL qui va arranger les choses.
Pour tenter de réguler la propagation de la Covid-19 pendant l’épidémie, le gouvernement français a mis en place une application de téléphone appelée StopCovid. Devant son échec retentissant, cette dernière a reçu un petit coup de rebranding et a signé un retour triomphal sous le nom de TousAntiCovid. Des menus plus clairs, des informations sur l’état sanitaire du pays partagées chaque jour et de nombreux Français se sont retrouvés avec le programme installé sur leur appareil. Alors c’est un succès ? Au niveau des chiffres, probablement. Concernant l’efficacité, c’est bien moins évident.
TousAntiCovid : trop brouillon pour servir à quelque chose ?
L’application a eu, il faut le dire, un destin dans lequel se sont multipliés les tracas. Déjà, lors d’une de ses mises à jour en juin 2021, des experts en sécurité avaient pointé du doigt son nouveau système de collecte de données personnelles. Ce dernier se relevait un peu trop précis et intrusif et pouvait servir assez facilement à dresser des profils précis des personnes qui s’en servaient. À l’heure où nous écrivons ces mots, on peut dire que TousAntiCovid est devenu complétement invisible et plus personne n’en parle ou ne s’en sert. La dernière mise à jour remonte même à de nombreux mois. Pourtant, à l’heure du bilan, le dernier rapport de la Commission Nationale de l’Informatique et des libertés (CNIL) n’est pas tendre avec le programme. Publié ce lundi 4 juillet, l’autorité indépendante y pointe une « utilité marginale ». Et ce n’est pas la première fois que la CNIL doute de la stratégie du gouvernement…
Selon l’analyse de la commission, son utilité reste à prouver sur certains points tant les modalités pour qu’elle se montre efficace étaient bien trop nombreuses. Pierre angulaire de sa raison de vivre, son système de suivi des contacts est ainsi remis en cause.
Trop de cases à cocher
En effet, la CNIL met en cause le nombre de conditions à réunir pour que ses bienfaits soient 100% opérationnels. Elles sont beaucoup trop nombreuses et « très dépendante du nombre d’applications activement utilisées ». Pour que ce contact tracing fonctionne, il faut par exemple que chaque cas contact ait son Bluetooth allumé en plus d’avoir renseigné sa situation médicale, ce qui n’était que rarement une réalité, comme le rappelle l’entité :
Les statistiques d’utilisation de la fonctionnalité de suivi de contacts (proportion de cas positifs se déclarant dans l’application, nombre d’utilisateurs notifiés, proportion des personnes testées positives s’étant déclarées dans l’application après avoir été notifiées, etc.) ne semblent pas particulièrement élevées.
L’entité souhaite que des améliorations soient apportées à l’application. Il a été notamment observé que « la détection de contacts à risque via « TousAntiCovid » est moins précise et que les personnes sont moins enclines à se faire tester lorsqu’elles sont notifiées par l’application. ».
La CNIL préconise donc d’en « optimiser l’efficacité technique, de sensibiliser les utilisateurs de l’application tant sur l’activation de la fonctionnalité de suivi de contacts par Bluetooth en période de forte circulation du virus ». Elle conseille également de sensibiliser sur « l’importance de se déclarer dans l’application ou encore de réaliser des tests de dépistage une fois notifié d’un risque de contamination ».
Bref, non seulement le « contact tracing » ne fonctionne pas bien, mais les personnes ayant installé l’appli ne l’utilisent pas vraiment comme il faudrait. En fait, TousAntiCovid est une sorte de grigri, un totem « d’immunité ». C’est aussi une application qui a coûté 30 millions d’euros aux contribuables et qui a participé à enrichir des sociétés privées.
Entre Twitter et les autorités indiennes, le torchon brûle sérieusement depuis désormais près d’un an et demi. Le récent rachat du média social par le milliardaire américain Elon Musk ne semble malheureusement pas avoir calmé les choses.
En effet, TechCrunch a révélé ce mardi 5 juillet 2022 que Twitter a décidé d’intenter un procès contre le gouvernement indien. Le réseau social américain cherche à contester certaines injonctions de retrait émanant des officiels Indiens.
Twitter refuse de supprimer certains tweets et comptes indiens
Selon les données publiées par Statista en janvier 2021, Twitter compte 22 millions d’utilisateurs actifs en Inde. Ce qui en fait le troisième marché le plus important de la plateforme sociale derrière les États-Unis et le Japon.
Un marché clé que Twitter ne peut pas se permettre de perdre. Ce qui explique d’ailleurs le fait que l’entreprise américaine mette tout en œuvre depuis plusieurs années pour ne pas s’opposer aux demandes des autorités indiennes. Ceci, malgré le fait qu’il s’agisse de sommations qui vont à l’encontre des valeurs de Twitter. En effet, les différents ordres de suppression donnés par les autorités indiennes concernent essentiellement des comptes et des tweets critiquant la politique du Premier ministre indien Narendra Modi et son gouvernement.
Si Twitter s’est en partie conformé à ses exigences jusqu’à ce jour, l’entreprise américaine a toujours cherché le moyen de ne pas toutes les appliquer. Elle espère donc y arriver grâce à son action en justice. D’autant plus que la nouvelle réglementation indienne en matière de technologies de l’information n’offre presque pas de marge de manœuvre pour contester individuellement les ordres de retrait.
Des tensions qui ont atteint des sommets depuis mai 2021
Avant que Twitter ne saisisse la justice contre le gouvernement indien, elle a reçu le 24 mai 2021 la visite de la police de New Delhi connue pour être aux ordres du parti au pouvoir. Elle s’est rendue dans les bureaux de New Delhi et de Gurgaon occupés par l’entreprise pour interroger ses employés à propos du porte-parole du BJP, le parti au pouvoir.
La police indienne était passée pour comprendre les raisons qui ont amené Twitter à classer, dans la catégorie « média manipulateur », un tweet du porte-parole. Ce dernier avait accusé le parti du Congrès de diffamation. Il avait même ajouté un document qui serait la preuve de ses accusations. Après vérifications, le site de vérification AltNews a déclaré que le document présenté par le porte-parole du gouvernement avait été rédigé sur du « faux papier à en-tête du Congrès ». Une révélation qui a contraint Twitter à ajouter l’étiquette « média manipulateur » sur le tweet.
Puisque cette décision n’était pas du goût du gouvernement indien, celui-ci a décidé de déposer une plainte contre Twitter India. C’est donc dans ce cadre que la police des New Delhi a fait une descente dans les locaux indiens de l’entreprise. Par la suite, la police indienne a publié un communiqué dans lequel elle indique que les justifications données, par le directeur général de la filiale indienne de Twitter, n’étaient pas convaincantes.
Le régulateur des télécoms entend fiabiliser les tests de débit (speed tests). Pour cela, les box Internet des FAI seront « ouvertes », avec une sorte de sonde logicielle. La mesure des débits et la caractérisation technique de la connexion seront plus précises.
Le vaste projet consistant à ouvrir les box Internet pour mieux mesurer la qualité des connexions sera bientôt mené à son terme. L’objectif ? Généraliser la « carte d’identité de l’accès » pour chaque internaute, pour mieux qualifier les spécificités de la ligne Internet, en mettant à jour les box des fournisseurs d’accès à Internet, c’est-à-dire Orange, SFR, Free Mobile et Bouygues Telecom.
Le régulateur des télécoms est parti du constat que des internautes sont sensibles à la possibilité de mesurer la qualité de service dont ils disposent à domicile et à l’extérieur quand ils utilisent leur smartphone ou leur tablette en 4G ou 5G. Or, il est difficile d’avoir une photographie pertinente de son accès à Internet, du fait des biais et facteurs externes pouvant entrer en ligne de compte.
D’où l’idée de proposer un cadre commun, avec une interface logicielle qui collectera les informations adéquates pour ensuite les faire remonter aux outils de mesure (qu’on appelle plus communément « speed tests »). Tout le monde sera concerné, mais pour éviter tout désagrément, des restrictions sont prévues pour éviter d’exposer des données.
Pourquoi établir une carte d’identité de l’accès à Internet ?
La mise en place de ce projet doit répondre à un enjeu : celui d’une mesure correcte et précise des liaisons filaires : « sur les réseaux fixes, la mesure de la qualité de service est particulièrement complexe : il est à ce jour quasi-impossible techniquement pour un outil de mesure de connaître avec certitude la technologie d’accès sur laquelle a été réalisé un test », regrette le régulateur.
Pour caractériser l’environnement de la mesure, c’est-à-dire dans quel contexte se fait le speed test, l’Arcep souhaite établir une « carte d’identité » de chaque accès, avec le type de technologie utilisé (fibre optique, câble, cuivre), la qualité du Wi-Fi ou encore le débit souscrit. De cette façon, l’évaluation s’en trouve fiabilisée. Ce plan entre dans le cadre de la régulation par la « data », chère au régulateur.
Bien mesurer un accès à Internet, c’est aussi caractériser avec justesse son environnement, qui peut avoir une incidence sur la connexion. // Source : Arcep
L’intérêt est direct pour l’internaute, car « ce manque de caractérisation de la mesure rend les données [des speed tests] difficilement exploitables, voire, dans certains cas, induit en erreur le consommateur », puisqu’il n’est pas possible « d’isoler des facteurs susceptibles de modifier fortement les résultats ». Mal éclairé, l’internaute est alors susceptible de faire de mauvais arbitrages.
Le gendarme des télécoms a fixé les spécifications techniques d’implémentation de l’interface de programmation (API). C’est elle qui se trouve au cœur du matériel pour proposer une évaluation fiable de la qualité de service. Elle propose une « carte d’identité de l’accès », incluant le type de ligne, la qualité du Wi-Fi ou bien le débit souscrit.
Comment fonctionne la carte d’identité de l’accès ?
Le fonctionnement général du mécanisme s’appuie sur une API installée dans la box de l’internaute, via une mise à jour poussée à distance. Lorsque la mesure est lancée par l’internaute, l’outil de speed test de son choix (à condition qu’il respecte le code de conduite établi par le gendarme des télécoms) envoie alors une requête à l’API qui se trouve dans sa box.
Le principe schématisé du fonctionnement de l’API pour dresser une carte d’identité de l’accès à Internet. // Source : Arcep
L’API collecte les spécifications techniques « qui caractérisent l’environnement de l’utilisateur lors du test de mesure de la qualité de service Internet », c’est-à-dire le type de la liaison (fibre optique, ADSL, VDSL, câble, satellite, 4G, 5G, etc.) et divers indicateurs. Ce travail se fait localement, puisque la plupart de ces informations se trouvent déjà dans la box.
Pour d’autres éléments, l’API doit contacter le système d’information de l’opérateur. C’est le cas pour le débit souscrit. Une fois tous les éléments en possession de l’API, tout est transmis ensuite à l’outil de mesure — qui peut être un logiciel à installer sur le PC ou le smartphone, un testeur web, une sonde matérielle ou un agent logiciel dans la box.
Quelle sécurité pour les échanges de données ?
Ces transmissions se déroulent avec du chiffrement. L’API écoute avec une liaison sécurisée HTTPS uniquement : elle ne répond pas sur une connexion HTTP sans couche de chiffrement TLS (dont la version minimale doit être la 1.2). En outre, le certificat TLS doit être constamment valide. Les requêtes provenant d’Internet ne sont pas écoutées ; seules celles provenant du réseau local le sont.
Parmi les autres mesures de sécurité qui sont attendues figure la capacité de l’opérateur à restreindre momentanément l’accès à l’API, en cas de révélation d’une faille de sécurité ou d’un bug majeur sur la box. Dans ce cas de figure, le fournisseur d’accès à Internet est tenu d’informer immédiatement l’Arcep de la situation et de sa progression dans la correction des éventuels problèmes.
Toujours dans un souci de limiter l’exposition à une attaque, l’Arcep a prévu un dispositif de restriction d’accès qui implique un jeton d’authentification dont la validité ne dure qu’un quart d’heure et un « partage de ressources entre origines multiples » (CORS). Chaque outil de mesure autorisé dispose d’un jeton OAuth 2.0 dédié et peut en demander un second pour effectuer des vérifications avant une mise en production.
Quelles box sont concernées par ce nouveau speed test ?
L’API sera obligatoire pour les opérateurs et les box dans les cas de figure suivants :
Les opérateurs qui ont plus d’un million de clients ;
Les box qui sont commercialisées après le 1er juillet 2008 ;
Les box qui ont été construites à plus de 30 000 exemplaires ;
Les box pour les technologies xDSL, câble, FTTH (fibre optique jusqu’au domicile) et 5G en accès fixe. Il s’agit donc des box haut et très haut débit.
La SFR Box 8 est par exemple concernée. // Source : FrAndroid
L’Arcep « encourage » néanmoins tout le monde à implémenter ladite API, même si tel ou tel matériel n’entre pas dans le périmètre de la décision. L’invitation est aussi lancée aux fournisseurs d’accès à Internet alternatifs, dont la base clientèle est bien plus modeste que les quatre ténors du marché. L’Arcep rappelle à ce sujet que l’API dispose de spécifications techniques ouvertes.
La décision précise quand les box ne sont plus concernés par l’API. Cela couvre les modèles qui ne sont plus commercialisés depuis cinq ans. Il s’agit « de ne pas obliger l’opérateur à maintenir des mises à jour de la box uniquement pour l’API », ce qui aurait un coût. L’Arcep autorise la désactivation de l’API au bout de ces cinq ans, mais demande à en être informée trois mois avant.
Les box qui incluent l’API sont :
Bouygues Telecom
Bbox Wi-Fi 6E FttH (Bbox F@st 5688b-v2) à partir de septembre 2022
Bbox Wi-Fi 6 FttH (Bbox F@st 5688b)
Bbox Wi-Fi 5 FttH / xDSL (Bbox F@st 5330b-r1)
Bbox Wi-Fi 4 FttH / xDSL (Bbox F@st 5330b)
Free
Freebox Pop FttH / xDSL (Wi-Fi 5)
Freebox Delta FttH / xDSL (Wi-Fi 6E)
Freebox Delta FttH / xDSL (Wi-Fi 5)
Freebox One FttH / xDSL (Wi-Fi 5)
Freebox mini 4K FttH / xDSL (Wi-Fi 5)
Freebox Révolution Wi-Fi 5 FttH / xDSL
Freebox Révolution Wi-Fi 4 FttH / xDSL
Orange
Livebox v6 FttH (Wi-Fi 6E)
Livebox v5 FttH (Wi-Fi 5)
Livebox v4 FttH / xDSL (Wi-Fi 5)
SFR
SFR Box 8X Wi-Fi 6 FttH XGS-Pon (NB8 XGSPON)
SFR Box 8 Wi-Fi 6 FttH Gpon (NB8 FTTH)
SFR Box 8 Wi-Fi 6 Docsis (NB8 Docsis)
SFR Box 8 Wi-Fi 6 xDSL (NB8 xDSL)
Box Plus de SFR ou « SFR Box 7 » Wi-Fi 5 FttH / xDSL (NB6VAC)
Modem THD AC Wi-Fi 5 Docsis (F@st 3686)
La Box THD 4K ou « La Box Fibre Zive » Wi-Fi 5 Docsis (La Box V3)
La Box THD V2 ou « La Box by Numericable V2 » Wi-Fi 5 Docsis (La Box V2)
Box Évolution VDSL ou « Neufbox 6V » Wi-Fi 4 FttH / xDSL (NB6V et NB6V2)
Le chantier a démarré en 2018, dans une démarche dite de coconstruction, afin de profiter des retours d’expérience et des remarques de toutes les parties prenantes dans le secteur de la mesure de la qualité de service des réseaux fixes. Une consultation publique a été menée au printemps 2019 et, en octobre, le régulateur des télécoms a adopté la décision correspondante.
Les principaux FAI (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) ont répondu, tout comme les opérateurs alternatifs, ainsi que les différents lobbies les représentant (FFDN, AOTA, FFT, DigitalEurope). L’Association française des utilisateurs de télécommunications a aussi contribué, tout comme le Cnes (pour la partie Internet par satellite) et EDF (dans le cadre de la gestion de réseaux d’énergie).
Celle-ci a été homologuée par le gouvernement le 16 janvier 2020.
La prochaine grande échéance se déroule en juillet 2022, où l’outil de mesure sera déployé dans la quasi-totalité des box (95 % du parc doit l’inclure et 100 % des box pour les nouveaux clients). L’implémentation et l’activation de l’API se font via une mise à jour de la box, un rappel physique étant inconcevable au regard de l’ampleur du parc français.
Quels outils de mesure ont accès à l’API ?
En juillet 2022, le régulateur des télécoms liste plusieurs outils de speed test qui se sont déclarés conformes à son code de conduite. Celui-ci exige des speed tests la protection des données personnelles, dans le cadre du RGPD, mais aussi de respecter des critères de transparence et de robustesse dans les domaines portant sur la mesure elle-même (latence, débits, navigation, streaming, etc.).
Un exemple de speed test, qui évalue le débit d’une connexion à un instant T.
Tadurezo : le testeur de connexion de la région Bourgogne-Franche-Comté, développé par QoSi (groupe Mozark) ;
Tu Captes ? : le testeur de connexion de la région Hauts-de-France et les Départements de l’Aisne, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais et de la Somme, développé par QoSi (groupe Mozark) ;
La solution de crowdsourcing Tutela, développé par Tutela.
L’Arcep indique que l’API « ne répond pas aux requêtes provenant d’Internet ». Elle n’est « accessible [que] depuis le réseau local de l’utilisateur ». Sa conception prévoit par ailleurs un système de restriction d’accès « afin que seuls les outils autorisés puissent accéder à l’API ». D’autres speed tests peuvent accéder à la carte d’identité de la ligne, mais à condition de se conformer au code de conduite.
Quid des données personnelles ?
Sollicitée par l’Arcep, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) « a pu s’assurer que le dispositif répondait dans son principe aux exigences en matière de protection des données personnelles ». D’abord à travers un cadre juridique, puisque le code de conduite impose un strict respect du RGPD. Ensuite en prenant des dispositions techniques pour éviter la transmission de données.
Selon l’Arcep, aucune donnée portant sur l’identification de l’utilisateur (identifiant, nom, localisation etc.) ne sera transmise par l’API aux outils de mesure. Elles ne seront pas non plus transmises à l’Arcep. Les mesures de l’API ne seront pas non plus déclenchables en principe depuis Internet : c’est l’internaute qui aura la main, en activant lui-même le test de son choix.
Si aucune donnée personnelle n’est impliquée dans ce processus, d’autres informations, de nature technique, circuleront bien sûr jusqu’au speed test. La liste est détaillée dans la décision, mais on retrouve par exemple des informations sur la connexion LAN et WAN (débits montants et descendants, minimums et maximums, type de technologie, normes, bandes radio, etc.).
La fin des ventes de voitures thermiques aura bien lieu en 2035. Le projet du Parlement européen a été approuvé par le Conseil des ministres européens la semaine dernière. L’interdiction de vente des voitures essence et diesel deviendra donc bel et bien réalité dans une petite dizaine d’années. Mais pour Flavien Neuvy, économiste et directeur de l’Observatoire Cetelem, il reste encore beaucoup de questions sans réponse.
Capital : Quel est votre point de vue sur la décision du Parlement européen d’interdire la vente de véhicules thermiques en 2035 ?
Flavien Neuvy : La voiture électrique est formidable pour améliorer la qualité de l’air et la pollution sonore dans les centre-villes. Sur ce point, c’est un avantage formidable. La question à se poser c’est de savoir si c’est le bon choix de ne proposer que la voiture électrique. La voiture diesel au fin fond de la Creuse, je ne pense pas qu’elle pose un gros problème environnemental. Le choix le plus raisonnable aurait été sûrement de proposer un mix diversifié.
Cette décision est-elle trop radicale selon vous ?
Encore une fois, la voiture électrique a toute sa place dans les grandes villes mais le tout-électrique pose de nombreuses questions économiques, industrielles et environnementales qui restent sans réponse. Des études d’impact ont-elles été effectuées ? Quelles seront les conséquences sur l’emploi industriel ? On nous parle souvent de créations de postes dans les gigafactory, mais si pour la création d’un emploi, il faut en supprimer deux ou trois à côté, le solde est négatif. Il ne faudra pas se poser des questions sur les conséquences des décisions prises a posteriori.
La revente des véhicules d’occasion va-t-elle se compliquer ?
C’est déjà le cas aujourd’hui à certains endroits. Si vous êtes propriétaire d’un vieux diesel, la revente de votre véhicule est plus compliquée si vous habitez dans une grande agglomération qui a mis en place une ZFE (zone à faibles émissions, ndlr) que dans un département où il n’y aucune restriction de circulation. On sait que ces véhicules d’occasion ne pourront plus circuler dans les grandes métropoles à terme ou que leur utilisation sera plus contraignante.
Cela risque-t-il d’impacter négativement la valeur de revente de ces véhicules ?
En fonction du lieu d’habitation, l’évolution de la réglementation engendre forcément des modifications sur la valeur des véhicules. Moins un véhicule sera autorisé à circuler, plus il sera difficile à revendre et donc sa valeur va baisser. Mais c’est une question à laquelle il est difficile de répondre car il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu et la réglementation est trop volatile. Rappelez-vous, il y a 13 ans, le gouvernement a voté le premier Grenelle de l’environnement qui incitait à l’achat d’un véhicule diesel avec le bonus écologique. Aujourd’hui, le diesel est critiqué. En très peu de temps, on passe du tout au tout.
Donc anticiper ce qui va arriver dans les 12 à 13 prochaines années semble impossible. Et si l’on regarde la situation aujourd’hui, le prix des véhicules d’occasion a même tendance à augmenter à cause de la pénurie des composants qui engendre des problématiques de disponibilités des voitures neuves.
Ce virage vers le tout-électrique va-t-elle engendrer une fermeture des stations essence à court terme ?
C’est sûr que leur nombre pourrait se réduire à mesure que les voitures essence et diesel disparaîtront de la circulation. Mais je ne pense pas que ce sera pour tout de suite. Il y a quand même 35 millions de véhicules thermiques en circulation sur nos routes. Le parc roulant va exister encore pendant très longtemps, même après l’échéance de 2035.
Cette décision du Parlement européen ne va-t-elle pas accélérer la mise en place d’une taxe sur l’électricité ?
C’est une question à laquelle seul l’Etat a la réponse. Mais forcément, il y a des interrogations sur les recettes fiscales liées aux carburants. C’est une manne financière très importante pour l’Etat et pour les régions. Aujourd’hui, personne n’en parle car il ne faut pas effrayer ceux qui veulent passer à l’électrique. Mais je vois mal l’Etat se priver de dizaines de milliards d’euros de recettes fiscales chaque année. Il faudra bien remplacer la taxe actuelle par autre chose.
Le plus grand talon d’Achille des voitures électriques aujourd’hui est leur prix trop élevé. Croyez-vous à une baisse des tarifs prochainement ?
Il faut comprendre que l’industrie automobile est une industrie de volume. Plus un constructeur vend une voiture, plus il amortit les coûts de production et plus il peut baisser le prix de vente. Ça a toujours marché comme ça et on pensait que ça serait pareil avec les électriques. Le problème, c’est que ce pari n’est pas gagné d’avance car il y a une vraie incertitude autour du coût des matières premières. Aujourd’hui, on constate qu’elles ont beaucoup augmenté, ce qui a eu pour effet de faire grimper le prix de vente des électriques, quel que soit le modèle.
Le risque est qu’en 2035 nous ayons des voitures électriques à des prix trop élevés pour la plupart des ménages. Il faut faire attention à l’accessibilité financière de ces voitures. Produire des modèles que personne ne peut acheter ça n’a pas de sens. On le voit déjà aujourd’hui : sans les aides de l’Etat (bonus écologique de 6.000 euros, ndlr), il n’y aurait pas de ventes de voitures électriques.
La fin du thermique va-t-elle fragiliser les constructeurs européens face à la concurrence chinoise ?
La conception de moteurs thermiques est maîtrisée par les marques européennes et américaines. Pas par les Chinois dont cela restait une barrière technologique, notamment pour respecter les normes antipollution. Mais cette barrière à l’entrée tombe à la suite à la décision du Parlement européen. Dès lors, l’Europe va devenir une cible de choix pour les Asiatiques qui sont des spécialistes de la voiture électrique. Quand on achète un modèle électrique aujourd’hui, il y a un transfert de la valeur ajoutée vers la Chine.
L’Europe va devenir une cible de choix pour les Asiatiques qui sont des spécialistes de la voiture électrique
Tout l’enjeu pour les marques européennes va être de produire des batteries à des prix compétitifs par rapport au marché asiatique. Ce n’est pas gagné car les Chinois ont 20 ans d’avance dans ce domaine.
Pensez-vous que les gens restent méfiants vis-à-vis des marques chinoises ?
Non je ne pense pas qu’il y ait de la réticence. Les gens se disent que si les voitures sont vendues en Europe c’est qu’elles respectent les normes et la réglementation, notamment en matière de crash-test. Les clients se poseront de plus en plus la question quand il n’y aura plus que des voitures électriques et que les modèles chinois seront jolis et à 10-15% moins cher. Nous n’en sommes pas encore là mais ça va arriver très vite.
De nombreux Français hésitent à passer à l’électrique à cause du manque de bornes de recharge. Pensez-vous que le problème sera résolu dans les années à venir ?
Le déploiement des infrastructures ne va pas très vite mais on va bien finir par y arriver. D’ici 2035, je pense que l’on devrait avoir un réseau de recharge cohérent. La vraie question c’est la consommation électrique. On nous explique aujourd’hui qu’il va falloir se lancer dans une réduction de la consommation d’énergie à outrance car nous n’avons pas les capacités de production nécessaires. Aura-t-on la capacité de production nécessaire pour alimenter des millions de voitures électriques à l’avenir ? Il y a un vrai point d’interrogation là-dessus.
Google propose un outil permettant de savoir si un des mots de passe d’un utilisateur, enregistré sur Chrome ou Android, a été piraté.
Nous vous informions il y a quelques jours que, selon les chiffres, plus de 24 milliards de combinaisons de noms d’utilisateur et de mots de passe étaient en circulation sur les marchés cybercriminels, dont le dark web. Ce qui équivaut à près de quatre pour chaque personne dans le monde. À défaut de choisir des combinaisons plus robustes, voici un moyen de vérifier si ses mots de passe Google ont été compromis.
Concrètement, grâce à une fonctionnalité, l’utilisateur peut découvrir si les mots de passe de ses comptes Google ont été exposés, ne sont pas suffisamment sûrs ou encore s’ils sont réutilisés dans plusieurs comptes. “Vous pouvez ensuite renforcer la sécurité de ces derniers en modifiant les mots de passe peu sûrs”, indique la société.
Depuis son ordinateur, l’utilisateur doit d’abord accéder à passwords.google.com. Il faut ensuite sélectionner “Accéder au Check-up Mots de passe”.
L’option “Vérifier les mots de passe” est ensuite proposée, il suffit de cliquer et de se connecter à son compte.
Google propose ensuite un rapport des mots de passe piratés, de ceux réutilisés et des comptes protégés par une combinaison peu sécurisée.
En cliquant sur un des trois résultats, l’utilisateur peut modifier directement et instantanément chaque mot de passe piraté grâce à un menu déroulant. Il est aussi possible de créer de nouveaux mots de passe uniques ou plus sécurisés.
Vous avez reçu un message par SMS de l’Assurance maladie vous demandant de renouveler ou de mettre à jour votre carte Vitale ? Attention, vous faites l’objet d’une tentative d’arnaque ! Service-Public.fr vous explique cette arnaque et vous indique les moyens de s’en protéger.
Une arnaque par SMS
Cette tentative d’arnaque s’opère par SMS. Vous recevez un message vous demandant de cliquer sur un lien afin de renouveler votre carte Vitale. Ce lien vous conduit vers une page internet similaire à celle de l’Assurance maladie. Il vous est demandé ensuite de renseigner votre nom, votre adresse et enfin vos coordonnées bancaires.
Cette arnaque vous demande ainsi de payer quelques centimes d’euros afin d’obtenir votre nouvelle carte Vitale.
Les fraudeurs peuvent aussi vous contacter par téléphone en se faisant passer pour votre banquier afin que vous lui communiquiez des informations personnelles et bancaires. Le but est de vous faire croire qu’il veut mettre fin à l’arnaque alors qu’il veut en réalité la finaliser.
Comment éviter cette arnaque ?
Afin d’éviter d’être piégé, plusieurs éléments sont à retenir :
L’Assurance maladie ne demande jamais par message de mettre à jour sa carte Vitale.
La mise à jour d’une carte Vitale est gratuite et se fait sur des bornes spécifiques en pharmacie ou chez votre médecin. Elle ne se fait jamais sur internet.
Seule la connexion sur votre compte Ameli permet l’échange sécurisé de vos informations avec l’Assurance maladie.
Recevoir un appel le soir et le week-end de votre banquier ou conseiller bancaire est suspect. Ne divulguez aucune information bancaire durant ces appels.
Faites opposition immédiatement lorsque le fraudeur a réussi à obtenir vos coordonnées bancaires.
Les utilisateurs de Google Hangouts n’ont pas été très satisfaits jusqu’ici alors le géant de la technologie a pris des mesures drastiques. Google a précédemment annoncé la future suppression de l’application. Il semblerait que la fermeture officielle de Google Hangouts soit prévue pour le mois de novembre.
Les utilisateurs existants vont devoir passer à la nouvelle application de messagerie de Google appelée « Google Chat ». En effet, les utilisateurs verront une fenêtre contextuelle leur demandant de déplacer leurs conversations sur la nouvelle application. Google Chat est accessible via Gmail ainsi que sa propre application autonome.
La fermeture de Google Hangouts a mis du temps à arriver
C’est en 2013 que Google a lancé « Hangouts », un service de messagerie par défaut en tant que mise à niveau sur place de Google Talk. Depuis, l’application a récolté 5 milliards de téléchargements et a même pu gérer les fonctions SMS d’Android, tout comme iMessage d’Apple. Toutefois, en 2016, Google Hangouts est tombé en disgrâce avec le lancement de « Google Allo ».
En 2018, la société a d’abord fait allusion à ses plans pour faire passer les utilisateurs de Hangouts à Chat. Ensuite, en 2020, Google a rendu la fonctionnalité gratuite pour tous les utilisateurs. Finalement, il a déclaré officiellement que Hangouts serait fermé mais ce n’est que maintenant que l’on a une date officielle.
Google annonce le déploiement de nouvelles fonctionnalités pour sensibiliser les clients à passer à Chat
Force est de constater que la plupart des suivis de Google Hangouts manquaient cruellement de fonctionnalités et Google Chat est une mise à niveau décente de Hangouts. Dorénavant, Google va pousser les clients Hangouts à utiliser Google Chat en mettant en avant les fonctionnalités attrayantes de ce dernier. Nous citons, la possibilité de passer des appels directs, de créer des fils de discussion en ligne dans Spaces mais aussi de partager et de visualiser plusieurs images.
Par ailleurs, la société vous offre également la possibilité d’utiliser son service Takeout pour télécharger une copie de vos données Hangouts avant qu’elles ne soient supprimées. Mais Hangouts restera utilisable sur son site de bureau jusqu’en novembre. Google indique qu’il avertira les utilisateurs au moins un moins à l’avance avant de commencer à pointer le site Hangouts vers Chat.
Si vous souhaitez installer Windows 11 sur un PC non éligible, l’utilitaire Rufus peut vous aider. Son but est de créer à partir d’une image ISO un support d’installation.
Rufus est une application Open Source. Son objectif est de créer un support USB amorçable à partir d’une image ISO. Elle est populaire et largement utilisée pour créer des supports d’installation de Windows (11, 10…) et Linux « amorçables ». Sa dernière version BETA publiée il y a quelques jours, Rufus 3.19 introduit de nouvelles fonctionnalités visant le processus d’installation de Windows 11.
Windows 11, une installation simple et sans contrainte
L’utilitaire permet d’ignorer l’exigence de compte Microsoft lors du premier démarrage du système. Il est aussi possible de définir des réponses comme « ne pas autoriser / refuser » durant le processus de configuration autour de la confidentialité.
Mieux encore nous avons des options pour télécharger les dernières images ISO publiées par Microsoft et surtout ignorer la configuration matérielle requise pour Windows 11. Il en est de même vis-à-vis de la configuration requise lors d’une mise à niveau à partir de Windows 10. L’interface principale évolue doucement mais sans proposer de changements significatifs. Vous pouvez toujours l’utiliser pour télécharger les dernières images ISOs de Windows à partir de Microsoft ou de sélectionner une image ISO présente en local.
Pour Windows 11, voici les trois options de personnalisation les plus importante
Suppression de la configuration requise pour le démarrage sécurisé et le module de plateforme sécurisée 2.0
Suppression la configuration requise pour 4 Go + RAM et 64 Go + disque.
Désactivation de la collecte de données (Ignorer les questions de confidentialité) – Les questions de confidentialité sont ignorées et traitées automatiquement à l’aide de la réponse la moins invasive.
Suppression de la nécessite d’un compte Microsoft pour l’installation de Windows 11 Home et Pro si une connexion réseau est détectée.
Windows 8.1 a vu le jour en 2013 pour succéder à Windows 8. La fin de ce système d’exploitation est annoncée depuis 2018. Depuis cinq ans, Microsoft n’a effectué aucune mise à jour “importante” sur ce système. La date de disparition de Windows 8.1 est désormais actée pour le 10 janvier 2023. À noter qu’après cette date, Windows 8.1 continuera de fonctionner, mais que Microsoft ne prendra pas en charge ses failles et dysfonctionnements. La société ne proposera pas non plus de mises à jour de sécurité.
Concrètement, dès le mois de juillet, les utilisateurs commenceront à voir s’afficher trois notifications. Ils pourront ensuite cliquer sur “En savoir plus”, “Me rappeler plus tard” ou “Me rappeler après la date de fin de support” jusqu’en janvier 2023.
En attendant, Microsoft conseille aux utilisateurs de Windows 8.1 de changer d’appareil car, “les PC initialement construits avec Windows 8.1 sont conçus avec une technologie vieille d’environ 10 ans”. La société explique, “si vous avez des appareils fonctionnant sous Windows 8.1, nous vous recommandons de les mettre à niveau vers une version de Windows plus récente, en service et prise en charge”. Par contre, si les appareils ne répondent pas aux exigences techniques pour exécuter une version plus récente de Windows, alors Microsoft recommande “de les remplacer par un appareil prenant en charge Windows 11”.
Pour ma part je trouve que c’est une démarche très commerciale, mais bon 😉 (votre bon Windows 8 devrait résister encore pas mal d’années… (Idem pour les Windows 7…) mais ça n’engage que moi 🙂 )
Après celle des semi-conducteurs bientôt la pénurie de batteries ? L’industrie automobile commence à s’inquiéter d’une pénurie peut-être encore plus dévastatrice, avec un manque de matières premières qui conduirait à des problèmes de production de batteries pour voitures électriques. Certains, comme Elon Musk, pourtant généralement assez optimiste, redoutent ce scénario.
Comme vous n’êtes sûrement pas sans le savoir si vous suivez avec assiduité l’actualité automobile, et même l’actualité dans un sens plus large, plusieurs industries sont confrontées à des problèmes d’approvisionnement en semi-conducteurs. Ces puces sont aujourd’hui indispensables pour le bon fonctionnement de nos autos, elles qui sont de plus en plus pourvues de systèmes électroniques. Les délais de livraison s’allongent et certains modèles ne sont pas disponibles avant plusieurs mois, voire même plus d’un an dans certains cas.
La pandémie et le conflit ukrainien sont les principales causes de ces pénuries, et elles pourraient en amener encore d’autres, bien plus dévastatrices d’après certains acteurs de l’industrie automobile. En effet, sous la pression du législateur, le parc automobile s’électrifie à marche forcée et le besoin en batteries Lithium-ion de traction (et donc en matières premières) s’intensifie. Avec le rythme effréné de l’électrification et les différents problèmes sanitaires et géopolitiques, certains dirigeants et analystes commencent à tirer la sonnette d’alarme sur le risque que la production de batteries soit incapable de suivre la demande.
LES GRANDS DIRIGEANTS S’INQUIÈTENT DE LA SITUATION
Même le fantasque patron de Tesla, Elon Musk, averti de cette situation délicate. La marque américaine a pour objectif de livrer plus d’un million de modèles à travers le monde en 2022. Mais cet objectif pourrait rapidement être revu à la baisse par la pénurie de composants. En France, par exemple, il faut attendre début 2023 pour être livré de sa Tesla Model 3 si elle est commandée aujourd’hui. L’année dernière, sur Twitter, Elon Musk avait déjà averti qu’une pénurie de cellules de batteries pourrait entraver la capacité du groupe à augmenter la production de son camion, le Tesla Semi.
Le patron de Rivian, RJ Scaringe, se montre encore plus alarmiste, comme en témoigne son interview accordée au Wall Street Journal. Ce dernier pense que « les semi-conducteurs ne sont qu’un petit amuse-bouche par rapport à ce qui nous attend avec les batteries durant les deux prochaines décennies ». Il avait également annoncé dans les colonnes de CNBC que « la plupart des pays du monde vont arrêter de vendre des voitures à moteur thermique. L’échelle de ce changement est difficile à apprécier », laissant ainsi présager une incertitude sur la croissance de la voiture électrique à court terme.
Selon un rapport de l’Agence européenne de l’énergie (IEA), les ventes de voitures électriques ont déjà triplé dans le monde entre 2019 et 2021 pour atteindre 6,6 millions d’exemplaires. Même si cela reste une goutte d’eau face aux 78,837 millions de véhicules qui ont été écoulés l’an dernier selon les estimations du cabinet Inovev, toujours est-il que la croissance des ventes est exponentielle.
Carlos Tavares, le patron de Stellantis, a lui aussi averti de cette situation. Dans le cadre de la conférence FT Future of the Car 2022, il avait annoncé craindre des problèmes d’approvisionnement en batteries vers 2025 et 2026. « Et s’il n’y a pas de pénurie de batteries, alors il y aura une dépendance importante du monde occidental vis-à-vis de l’Asie. C’est quelque chose que nous pouvons facilement anticiper », a-t-il ajouté. « La vitesse à laquelle tout le monde construit actuellement des capacités de production de batteries est peut-être à la limite de pouvoir soutenir les marchés à évolution rapide sur lesquels nous opérons », a-t-il précisé.
LA DEMANDE EN MATIÈRES PREMIÈRES EXPLOSE
La demande en matériaux explose, et notamment ceux utilisés dans les batteries. La récente guerre en Ukraine a ravivé les craintes, surtout au niveau du nickel, un métal dont la Russie est le troisième producteur mondial. Début mars, son prix avait même doublé en l’espace de 24h. Mais le nickel n’est pas le seul concerné.
Le prix du lithium explose également et s’achemine vers de nouvelles valeurs record. Au début de l’année 2021, son prix était d’environ 5 €/kg, alors qu’il est maintenant passé à environ 30 €/kg. Selon plusieurs analystes, il pourrait même atteindre 50 €/kg début 2023. Ce matériau ne risque pas la pénurie à court et moyen terme, mais ses coûts pourraient engendrer une importante hausse des prix des voitures électriques.
Pour le cobalt, un élément clé dans la fabrication de la cathode d’une batterie lithium-ion, même si son utilisation diminue, il est responsable à lui seul de 25 % du coût de l’ensemble de l’accumulateur. Il se dirige vers 35 dollars la livre, soit 70 €/kg. Concernant le graphite, utilisé notamment pour fabriquer l’anode des batteries et majoritairement fourni par la Chine, l’agence d’information spécialisée Benchmark Mineral Intelligence estime que la demande va augmenter de 18 % en moyenne chaque année jusqu’en 2030 et qu’il risque d’être impossible de suivre cette croissance.
Selon une étude menée par le cabinet Roland Berger, il existe aujourd’hui quatre facteurs de risques pour la chaîne d’approvisionnement des batteries. Le premier est géopolitique. En effet, l’extraction et le traitement des ressources proviennent d’un « petit nombre de pays », tandis qu’environ un dixième de la production mondiale de nickel est originaire de Russie. L’exploitation de ces matières premières a « un impact environnemental et social important ». L’extraction du lithium utilise, par exemple, de grandes quantités d’eau, sans compter les émissions de CO2 pour certains processus de production.
En parallèle, l’augmentation des capacités de production dans la chaîne de valeur « de la mine à la cellule » doit aussi être prise en compte. L’étude indique que « des dépenses d’investissement de 250 à 300 milliards d’euros sont prévues au cours des huit prochaines années » et « un tiers doit satisfaire la demande européenne ». Les experts estiment également que « la disponibilité de certains matériaux deviendra critique », citant des pénuries attendues pour le nickel, le cobalt ou leurs sulfates, mais plus particulièrement sur le lithium.
QUELLES SOLUTIONS ?
Ce contexte a conduit certains acteurs à avoir recours à d’autres chimies. Tesla a ainsi choisi d’équiper les versions d’entrée de gamme des Model 3 et Model X avec des batteries lithium-fer-phosphate, sans cobalt ni nickel. Ces accumulateurs ont aussi d’autres avantages : ils acceptent mieux une recharge à 100 % et sont aussi moins chers. En revanche, ils possèdent une densité énergétique plus faible et il leur faut prendre plus de poids et de place pour permettre d’obtenir la même capacité qu’une batterie NMA ou NCA utilisée dans les autres modèles de la marque.
L’autre technologie qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment, ce sont les batteries solides promises pour la fin de la décennie. Celles-ci promettent d’être moins gourmandes en métaux rares, de moins chauffer et de bénéficier d’une meilleure densité énergétique. Mais elles ne seront pas disponibles avant 2030, contrairement aux batteries semi-solides qui devraient arriver dès la fin de l’année, notamment sur les Nio ET5 et ET7.
Pour prévenir les pénuries à venir, Wolfgang Bernhart, associé chez Roland Berger, formule quelques propositions. Selon lui, « une approche intégrée entre la métallurgie et la chimie aidera à réduire les coûts » au niveau de la production. Il ajoute qu’une « régionalisation et une relocalisation accrues de plusieurs étapes de la fabrication des batteries peuvent également atténuer les risques géopolitiques. Le recyclage jouera également un rôle de plus en plus important à partir de la fin de la décennie. »
Ainsi, quelques pays, à l’image de la France, réfléchissent à construire des mines sur leur propre sol, afin d’éviter d’être dépendant du reste du monde tout en augmentant la capacité de production au niveau mondial. Concernant le recyclage, il est prévu qu’en 2030, seulement 11 % des batteries produites soient issues du recyclage. Il faudra attendre plus longtemps avant qu’il y ait suffisamment de batteries en fin de vie pour être recyclées et réutilisées dans des véhicules neufs. Sur le sujet, les constructeurs travaillent d’arrache-pied pour améliorer le taux de recyclage, à l’image de Volkswagen qui souhaite recycler plusieurs fois une même batterie. De quoi diminuer à l’avenir le besoin en matériaux pour la conception de nouvelles voitures.
Il n’y a donc plus qu’à patienter que de nouvelles mines ouvrent un peu partout dans le monde dans le but de réduire la tension sur le marché des matériaux utilisés dans les batteries. Il est possible que les prix continuent d’augmenter, mais les cabinets n’ont pas tous la même analyse, et certains prédisent une baisse des prix des batteries dès l’année prochaine.
En cliquant sur OK ou en poursuivant la navigation sur mon merveilleux site ;-), vous acceptez les CGU / politique de confidentialité et les cookies nécessaires au bon fonctionnement de celui-ci.