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FaceApp et la collecte de données : quels sont les risques ?
FaceApp revient dans l’actualitĂ© et la collecte de donnĂ©es de cette application russe est au cĆur des discussions. Que fait-elle ? Quels sont les risques ? Pouvez-vous l’utiliser sans crainte ? Ce que l’on sait sur l’app et son fonctionnement.
Ces derniers jours, lâapplication FaceApp revient dans lâactualitĂ© grĂące Ă une sĂ©rie de filtres appliquĂ©s aux visages en temps rĂ©el. Ils permettent de faire sourire un visage, de le rajeunir, de changer ses cheveux⊠ou de le vieillir. Le tout, avec un rĂ©alisme Ă©difiant qui fait que les photos se retrouvent Ă©normĂ©ment partagĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux, watermarkĂ©es dâun gros FaceApp. Cette mĂ©canique entraĂźne des tĂ©lĂ©chargements supplĂ©mentaires et a fait de lâapplication lâune des plus tĂ©lĂ©chargĂ©es sur iOS et Android.
QUE FAIT LâAPPLICATIONÂ ?
FaceApp est une application russe qui modifie les visages à la demande pour des résultats réalistes ou rigolos. Parfois, les deux à la fois.
Pour cela, elle a uniquement besoin de lâaccĂšs complet aux photos que vous consentez Ă lui envoyer. Câest en effet prĂ©sent dans les CGU de FaceApp : une fois que vous envoyez un clichĂ©, elle pourra le rĂ©utiliser pour tous les usages possibles et imaginables. Les conditions dâutilisation se rapprochent de ce que lâon peut trouver sur toutes les applications hĂ©bergeant et traitant des photographies, de Facebook Ă Google Photos en passant par Snapchat. Et mĂȘme si lâapplication se rĂ©munĂšre avec une version pro par abonnement Ă 19,99 ⏠/ an, ces clichĂ©s peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă des fins commerciales â ils ne sont en revanche pas partagĂ©s Ă des tiers.
Ce qui semble sĂ»r Ă©galement, vu le concept de lâapplication, câest que toute la technologie derriĂšre FaceApp repose sur des algorithmes entraĂźnĂ©s par les images uploadĂ©es par les utilisateurs et utilisatrices du service. DĂšs lors, comme sur la plupart des applications gratuites utilisant des photos, vous consentez Ă la laisser utiliser ce que vous uploadez, pour amĂ©liorer ses rĂ©sultats. DâaprĂšs Baptiste Robert, expert en informatique, il nây a pas lieu de paniquer : lâapplication fait ce quâelle dit et ne va pas plus loin que ses autorisations (elle tĂ©lĂ©charge, par exemple, uniquement les photos que vous lui envoyez).Â
Il sâagit dâune rĂ©ponse Ă une critique qui a Ă©tĂ© formulĂ©e, fondĂ©e sur une incomprĂ©hension : sur iOS du moins, FaceApp nâa pas accĂšs Ă la totalitĂ© de votre galerie mĂȘme si vous avez refusĂ© la permission dây accĂ©der. En rĂ©alitĂ©, comme lâexplique TechCrunch, FaceApp utilise une permission unique mise en place par iOS 11 qui considĂšre que lorsque vous avez choisi dâuploader une photo, pris un clichĂ© et cliquĂ© consciemment sur valider, vous avez fait un choix positif et informĂ©.
Le problĂšme vient de la formulation de lâoption dans les rĂ©glages : quand le partage est rĂ©glĂ© sur « Jamais », lâutilisateur attend que ce soit rĂ©ellement « Jamais » et pas « Jamais sauf si je fais une action pour dĂ©passer cette restriction ». Comme il lâa fait pour la gĂ©olocalisation, Apple aurait tout intĂ©rĂȘt Ă introduire une autre formulation comme un « Juste quand lâapp me le demande  ».
LE PROBLĂME RUSSE
FaceApp attire Ă©galement les suspicions par une rĂ©action Ă©pidermique au fait que lâapplication⊠est russe. AprĂšs le traumatisme lĂ©gitime de la campagne prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, des dĂ©mocrates ont demandĂ© au FBI dâenquĂȘter sur FaceApp. Une enquĂȘte pourra suivre. Cela dit, les informations que nous possĂ©dons tendent Ă minimiser le risque : FaceApp nâest pas plus demandeuse de donnĂ©es que dâautres applications et utilise des services amĂ©ricains pour faire ses opĂ©rations (AWS dâAmazon et Google Cloud). On est trĂšs loin du profil dâune petite entreprise dâespionnage de masse utilisant des fonctionnalitĂ©s dĂ©tournĂ©es dâun rĂ©seau social.
LE RISQUEÂ ?
DĂšs lors, existe-t-il vraiment un risque ? Compte tenu des informations dont nous disposons et Ă moins dâune dĂ©couverte exceptionnelle, le risque est faible pour le particulier. Pas nul, mais faible, tout en restant indĂ©finissable : les scĂ©narios catastrophe avec une photo de vous en personne plus ĂągĂ©e ne sont pas nombrex. Du moins, pas plus nombreux que lorsque vous utilisez toute application gratuite utilisant vos photos.
Lâimportant, comme toujours, est dâavoir conscience du pĂ©rimĂštre dâaction dâun service web sans cĂ©der Ă la panique : pas tout, sur le web et dans les magasins dâapplications, nâest un piĂšge. Une dĂ©cision mesurĂ©e, balançant le pour (un traitement des visages bluffant, quelques fou-rires) et le contre (la collecte de donnĂ©es au moins Ă usage dâentraĂźnement algorithmique), pourra alors ĂȘtre faite.
Une premiĂšre version de cet article, trop lĂ©gĂšre, a Ă©tĂ© largement modifiĂ©e avec des Ă©lĂ©ments factuels. Il nâĂ©tait en aucun cas dans notre volontĂ© de minimiser ce que fait FaceApp avec les clichĂ©s de ses utilisateurs, mais dâinformer avec les donnĂ©es que nous possĂ©dons, sans cĂ©der Ă la panique.
Source : numerama.com



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