La ministre Clara Chappaz mobilise les autoritĂ©s pour crĂ©er une liste de surveillance commune des sites et plateformes de diffusion de contenus. Le but est d’Ă©viter Ă  tout prix un nouveau scandale, aprĂšs le dĂ©cĂšs de Jean Pormanove.

La France veut accélérer sur le signalement des contenus en ligne, trop éparpillé aujourd'hui © Alexandre Boero / Clubic
La France veut accĂ©lĂ©rer sur le signalement des contenus en ligne, trop Ă©parpillĂ© aujourd’hui © Alexandre Boero / Clubic

Deux jours aprĂšs avoir assignĂ© Kick en justice suite Ă  la mort tragique de Jean Pormanove, le gouvernement a dĂ©cidĂ© de lancer un appel au signalement des contenus en ligne. La ministre chargĂ©e de l’IA et du NumĂ©rique, Clara Chappaz, qui a rĂ©uni cette semaine l’ensemble des autoritĂ©s de rĂ©gulation françaises pour Ă©tablir une stratĂ©gie commune contre les plateformes qui posent problĂšme, compte sur le bon sens des citoyens pour signaler toute publication qui pourrait ĂȘtre qualifiĂ©e de dangereuse. En parallĂšle, le ministĂšre travaille Ă  la crĂ©ation d’un listing des sites et plateformes Ă  surveiller de prĂšs.

Comment signaler efficacement les dérives des plateformes numériques ? Le gouvernement donne les bonnes pratiques

Le gouvernement rappelle les bonnes pratiques aprĂšs l’avalanche de signalements dĂ©sordonnĂ©s reçus ces derniers jours. Il aimerait que PHAROS, le portail officiel de signalement du ministĂšre de l’IntĂ©rieur accessible Ă  tous les citoyens, devienne le rĂ©flexe citoyen numĂ©ro un. Cet outil permet un traitement direct des signalements par les services compĂ©tents de l’État, ainsi qu’une qualification juridique des contenus pour agir concrĂštement.

Aux cĂŽtĂ©s de PHAROS, les signaleurs de confiance reconnus par le DSA europĂ©en doivent jouer un rĂŽle plus important. L’État adoube notamment le site Point de Contact pour les victimes ou les tĂ©moins de cyberviolence, et le service e-Enfance, de l’association dĂ©diĂ©e Ă  la protection des mineurs en ligne,. Ces organismes peuvent exiger le retrait rapide des contenus manifestement illicites, lĂ  oĂč un simple utilisateur resterait impuissant.

 

Le message du ministĂšre chargĂ© de l’Intelligence artificielle et du NumĂ©rique est plutĂŽt clair. PlutĂŽt que d’inonder les rĂ©seaux sociaux ou les boĂźtes e-mail des ministres, car ces signalements Ă©parpillĂ©s ne servent Ă  rien, il est impĂ©ratif d’utiliser les canaux officiels qui, eux, permettent une intervention juridique efficace et le retrait effectif des contenus problĂ©matiques. Une façon de transformer l’indignation collective en action structurĂ©e.

 

Surveillance renforcée : vers une traque coordonnée des plateformes à risque

 

La rĂ©union du 26 aoĂ»t conduite par Clara Chappaz Ă  Bercy a sans doute contribuĂ© Ă  faire bouger les lignes. L’ARCOM (le rĂ©gulateur de l’audiovisuel et du numĂ©rique) et les signaleurs de confiance vont dĂ©sormais partager une liste commune des sites et plateformes « appelant Ă  la plus grande vigilance Â». Kick, qui s’est engagĂ©e Ă  coopĂ©rer avec les autoritĂ©s françaises, en fera sans doute partie si la plateforme n’est pas Ă©cartĂ©e dans l’Hexagone. Quoi qu’il en soit, cette base de donnĂ©es collaborative permettra d’engager des actions ciblĂ©es contre les espaces numĂ©riques les plus toxiques.

 

Des acteurs aux compĂ©tences complĂ©mentaires sont parvenus Ă  s’entendre, de l’OFAC pour la cybercriminalitĂ© Ă  la CNIL, le gendarme des donnĂ©es, en passant par les ministĂšres de la Justice et de l’IntĂ©rieur pour l’action pĂ©nale. Chaque administration apporte son expertise spĂ©cifique dans cette task force anti-dĂ©rives en ligne.

 

Clara Chappaz affirme que « les contenus violents, haineux ou portant atteinte aux mineurs n’ont pas droit de citĂ©. Â» Cette dĂ©claration, couplĂ©e Ă  la crĂ©ation de cette liste de surveillance partagĂ©e, envoie un signal fort. Fini le temps oĂč les plateformes pouvaient jouer sur les failles entre administrations. La France semble enfin se doter d’un bouclier numĂ©rique digne de ce nom, avec une promesse : sĂ©curiser l’espace en ligne pour tous ses citoyens.